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Le Mythe des dieux



En dépit des évidentes différences qui peuvent exister entre eux, et à l'exception des Faërgoths dont les croyances sont mal connues, tous les peuples de Kheleb partagent le même mythe de la création du monde, à quelques différences près. Cette théologie se base sur les écrits d'Adgomoth, un oracle du deuxième âge qui consigna dans le Livre des Jours les visions qu'il avaient eu du passé. Pendant tous les deuxième et troisième âge, ce livre fut la base de la foi des peuples de Kheleb ; pourtant les dieux, lors de leur arrivée, luttèrent férocement pour éradiquer ce culte, aujourd'hui seulement soutenu par quelques sectes de la faction Rhân.


De l'origine du monde


Il est dit dans le livre des jours qu'à l'aube des temps Noronwë, le Premier, voulait séduire Illestel, la mère des cieux ; aussi chercha-t-il pour elle le plus somptueux des cadeaux. Au crépuscule du premier jour, il lui amena un diamant, dont la taille et la pureté défiaient l'imagination, et qu'il avait subtilisé à travers maints périls des mains des démons du monde inférieur ; pourtant cela ne fut pas assez et il fut repoussé par sa promise. Le deuxième jour, il offrit une fleur d'une beauté incommensurable, dont les pétales étaient d'or et les feuilles d'émeraude, et à nouveau il fut repoussé. Il en fut de même pour le banquet qu'il prépara au troisième jour, et pour le bracelet de jade le jour suivant ; et Noronwë fut bientôt aux bord du désespoir devant ces refus successifs. Le cinquième jour, il ne se présenta pas devant Illestel : il lui fallut une nuit pour façonner le monde, avec toutes ses merveilles : et lorsqu'il le présenta à sa bien-aimée, celle-ci fut si émue qu'elle versa des larmes cristallines sur le somptueux présent : ce furent les étoiles. Illestel, transportée de joie, s'offrit alors à Noronwë.


La naissance des dieux


De cette union naquirent les dieux : à cette époque, Noronwë arpentait le monde afin de parachever son œuvre ; et Illestel se trouva seule lors de cette funeste naissance. Car les dieux, à peine sortis de la matrice maternelle, commencèrent alors à la dévorer vivante : et parmi eux, Havelock le maudit mangea son cœur. Il en fut assailli d'une terrible culpabilité, et d'une folie suicidaire qui dicte encore ses actions. Lorsque Noronwë revint chez lui, il découvrit l'épouvantable massacre : pris d'une fureur sans limite, il bannit ses propres enfants, les emprisonnant dans la stase. Ils ne pourraient retrouver consistance que bien plus tard, et devraient se limiter au monde crée par Noronwë dont ils seraient les gardiens : ainsi leur pénitence serait de protéger l'œuvre que leur mère avait tant chérie avant sa mort.


L'âge des dieux


Trois âges furent nécessaires aux dieux pour retrouver leurs pouvoirs ; une longue période au terme de laquelle ils prirent le contrôle de Kheleb, ainsi que leur père l'avait voulu. Les divinités s'étaient alors divisés en deux groupes : les Puissants, qui avaient eu les meilleures places lors du festin macabre de leur naissance et s'était gorgés de la force de leur mère ; et les Mineurs, dont le pouvoir s'était moins développé. Ces derniers durent bientôt prêter allégeance aux plus puissants des dieux, en acceptant la marque de ceux-ci : ils devinrent les Iddwemers.


Le dieu honni


Pourtant Havelock, toujours hanté par les visions de folie et de mort, était persuadé que son espèce ne méritait pas sa place, et n'avait aucun droit de jouir du respect des hommes ; ainsi, il commença son œuvre sombre. Au cours du quatrième âge, plusieurs Iddwemers furent ainsi tués de sa main, sans que personne ne puisse se douter de sa culpabilité ; et les autres dieux, témoins de la diminution de leurs propres pouvoirs, décidèrent d'enrayer leur déclin : ils bâtirent une gigantesque machine, une matrice destinée à donner naissance à d'autres dieux. Havelock, aidé de conspirateurs humains, sabota l'appareil au dernier moment : mais sa perfidie fut découverte et il dût quitter le repaire des dieux pour se réfugier à la forteresse de Daedalion. Les autres dieux, affaiblis par la destruction de la machine à laquelle ils avaient fourni beaucoup de leur pouvoir, lâchèrent les brumes mutagènes sur Kheleb en utilisant pour la première -et dernière- fois cet appareil ; puis ils déclenchèrent un feu dévastateur sur Galmora afin de punir les conspirateurs, et trouvèrent refuge sur l'île de Metropolis.



A suivre...